Comprendre le RAC 0

En France, de nombreuses personnes renoncent à se soigner pour des raisons financières. Pour leur permettre d’accéder aux soins, le gouvernement a lancé la réforme du RAC 0. Financé principalement par les complémentaires santé, ce dispositif, accessible uniquement à une partie de la population, va permettre le remboursement intégral de certains soins dans les domaines de l’optique, de l’audiologie et du dentaire. Il entrera totalement en vigueur le 1er janvier 2021.

Lutter contre le renoncement aux soins

En optique, en audiologie et pour les prothèses dentaires  les prix sont fixés librement par les professionnels de santé et déconnectés des bases de remboursement de l’assurance maladie. Les frais restant à la charge du patient sont souvent élevés et peuvent le dissuader de s’équiper ou de se soigner. Ce renoncement aux soins représente un facteur aggravant d’exclusion sociale et professionnelle.

Un financement porté principalement par les mutuelles

 Le coût total de la réforme est estimé à 1 milliard d’euros. Bien que les professionnels de santé se voient dans l’obligation de respecter des limites de tarifs et que l’assurance-maladie obligatoire augmente le remboursement de certaines prestations, le dispositif repose essentiellement sur l’effort financier des complémentaires. Les contraintes réglementaires et l’évolution des dépenses de santé auxquelles s’ajoutent les diverses revalorisations de rémunérations des professionnels de santé pèsent lourdement sur les mutuelles.

Les mutuelles du Groupe Solimut ont limité au maximum l’impact financier de la réforme sur les cotisations de leurs adhérents. La mutuelle Mutami a par exemple limité l’augmentation des cotisations indique Patrick Julou son  président et également Président du Groupe Solimut : « Pour la majorité́ de nos garanties, l’augmentation se situe entre 1 et 3 %. Cette augmentation tient compte de la croissance de la dépense de santé par personne protégée constatée au sein de notre mutuelle. Mais pour l’essentiel, elle est la conséquence des politiques publiques menées par le gouvernement et, parmi elles, le déploiement du RAC 0.

Notre mutuelle défend depuis toujours le droit à la santé pour tous. Il n’était pas envisageable pour nous que le coût de cette réforme impacte fortement les cotisations de nos adhérents. Rappelons aussi que la spécificité des mutuelles est de couvrir 70 % de la population de plus de 65 ans et d’accueillir les personnes couvertes par des garanties limitées à̀ la prise en charge du ticket modérateur. Pour éviter une taxe de 21,07 % au lieu de 14,07 %, nous avons rendu ces contrats responsables afin qu’ils s’inscrivent dans la réforme RAC 0», indique Patrick Julou, président de Mutami et du Groupe Solimut.

 Un dispositif pas pour tous

La réforme ne s’applique qu’aux personnes ayant une couverture complémentaire dans le cadre d’un contrat individuel ou collectif. Elle laisse de coté plus de 4 millions de personnes dépourvues de couverture complémentaire . Force est donc de constater que cette réforme reste insuffisante pour lutter contre les inégalités de santé et laisse persister un système de santé à plusieurs vitesses.

Une réforme très limitée

 Le RAC 0 ne concerne que certains soins en optique, en dentaire et en audiologie. Aujourd’hui, rien n’est prévu pour les consultations en honoraires libres, l’hospitalisation ou encore les autres frais de santé qui génèrent pourtant des restes à charge élevés comme l’hospitalisation.

2020-07-16T13:06:56+00:0021 janvier 2020|