Pierre Marini Directeur général du Groupe revient sur la crise sanitaire

Dans le cadre de la newsletter RSE / ESS, cet édito de Pierre Marini, Directeur général du Groupe, revient sur la crise sanitaire, ses conséquences et la stratégie des mutuelles et du groupe vis-à-vis de ses adhérents et salariés.

 

Les salariés des mutuelles sont en première ligne.

Vous avez affronté la crise. Nous avons pu admirer votre réactivité, votre énergie et votre capacité à vous adapter. Le défi était de taille, vous l’avez relevé. Ces dernières années ont été complexes : les évolutions de notre environnement et les nouvelles règlementations ont amené leur lot de défis. Elles ont aussi amené tout un ensemble de réussites. Petit à petit, le Groupe évolue d’une position de superviseur règlementaire vers autre chose. Quand votre rôle est d’aider à construire le Groupe, le temps défile très vite. Nous travaillons chaque jour à mettre en lumière nos points communs et nos spécificités, à identifier les moyens qui nous permettront de gagner le temps nécessaire pour nous consacrer à l’essentiel : la relation aux adhérents. Le projet stratégique s’inspire de l’ingéniosité de nos élus et de nos salariés. Il y a de quoi être admiratif. Notre capacité de résilience pendant la crise sanitaire en est un bon exemple. Je ne souhaite pas parler de mode dégradé : la gestion de cette crise s’est déroulée sans qu’il n’y ait, à aucun moment, de dégradation de nos services. Nous devons prendre le temps de reconnaitre nos réussites.

 

Le télétravail a révélé son efficacité.

Il a aussi prouvé ses dérives en maintenant parfois un rythme au-delà du raisonnable. Nous devrons dresser le bilan de cette période, ne fût-ce que sur la question de l’éventuelle mise en place pérenne d’un télétravail respectueux et efficace en dehors de l’urgence. Enfin, si la crise sanitaire a laissé des traces dans notre inconscient collectif, elle a le mérite d’avoir replacé la santé au cœur des préoccupations des Français, démontrant une nouvelle fois que la philosophie des Mutuelles de France et les valeurs portées par nos élus sont justes et légitimes. Nous sommes depuis longtemps une partie du « monde d’après » et nous l’avons prouvé grâce à vous. Le constat est évident : alors que la France ralentissait, vous n’avez pas perdu une minute. Cela prouve encore une fois que les mutualistes ont des ressources considérables. Nous sommes des acteurs de l’ESS. Cette phrase a du sens : elle doit caractériser le mode de vie de nos organisations.

 

Évidemment, certaines questions restent en suspens.

Il y a toujours un risque de voir un rebond dans les prises en charge ou de subir une taxe aveugle qui mettrait à mal notre économie. Le poids des réglementations se fait sentir, freine notre développement sur les territoires et réduit nos capacités d’investissement. Néanmoins, la situation est très loin d’être catastrophique. Nous n’avons aucune raison de céder au pessimisme ni de jouer les Cassandre. Nous devons demeurer vigilants et faire jouer notre esprit critique pour continuer à nous améliorer. Nos efforts de développement se révèlent payants : nous gagnons des adhérents tous les jours. Aujourd’hui, notre challenge porte plus que jamais sur la fidélisation. Au moment où la résiliation infra-annuelle arrive, elle se construira sur une qualité de gestion irréprochable. L’environnement changeant de notre secteur ne nous fait pas perdre le cap. Nous devons davantage communiquer notre vision, impliquer chaque salarié dans la construction d’une réponse collective. Un salarié qui est bien dans son poste, qui sait son rôle valorisé, à qui l’on donne des moyens sera forcément plus investi, moins stressé, de meilleure humeur et plus à l’écoute de ses interlocuteurs. Nos salariés qui sont nos premiers adhérents doivent être au cœur de notre projet santé.

 

Si notre politique RH fait écho à nos valeurs et nos principes, elle se doit aussi de les incarner.

Nous devons offrir des espaces d’écoute sincère et de libre expression. Il est évident que tous les retours ne seront pas positifs et nous avons encore un long chemin à parcourir, mais il est important de noter que certaines mutuelles du Groupe se sont engagées avec force dans une démarche de Qualité de Vie au Travail (QVT) allant jusqu’à la labellisation. Nos équipes font la richesse du Groupe et des mutuelles qui le composent. Elles ont prouvé, chacune dans leurs missions, toute leur efficacité.  C’est aussi à nous, en tant que responsables, de nous hisser à la hauteur du message de nos élus. Pour cela, il est indispensable que les salariés reconnaissent que le discours porté à l’externe trouve des applications concrètes en interne. Si nos valeurs sont au centre de notre stratégie commune, elles doivent nous guider au quotidien.

La crise nous a laissé un excédent de trésorerie, nous ne saurions le conserver pour nous. La question va au-delà de la logique, elle est morale. Cette crise ne nous enrichira pas au sens premier du terme. Nous ne tirerons pas de bénéfices nets du non-recours aux soins. Cette position est d’autant plus évidente que nos partenaires naturels, les Livre III, sont en difficulté. Leur rôle de premier de corvée les a épuisés. Ils ont tenu admirablement et ont désormais besoin de notre aide. Notre rôle principal, notre combat, reste l’accès à des soins de qualité pour toutes et tous. Nous avons le devoir de les aider à pérenniser leur modèle. C’est l’un des objectifs concrets de notre projet stratégique. Le mutualisme, c’est une manière de faire sens collectivement. Il ne peut pas se penser au singulier et ne peut se manifester sans action concrète. Nous ne pourrons pas réussir sans faire preuve de bienveillance envers nous-mêmes, nos élus, nos équipes. La confiance et la reconnaissance sont indispensables pour faire vivre nos valeurs clés : solidarité et entraide. Elles sont aux fondements de la culture de groupe que nous souhaitons faire émerger. Pour aller au bout de cet exercice de synergie que représente le projet stratégique, nous devons renforcer nos modes d’expression collectifs au sein du Groupe.

 

Tout se résume en une phrase :

Nos organisations évolueront par choix et non par nécessité. La crise sanitaire nous a obligés à décaler nos instances mais le projet politique demeure plus que jamais d’actualité. Si nous souhaitons préserver notre indépendance, nous devons accélérer notre propre construction à l’intérieur du Groupe et de notre Fédération dès l’année prochaine. C’est à la fois un chemin, un moyen et la condition de la réussite du projet politique de nos mutuelles et des Mutuelles de France. C’est ce faisant que nous garantirons, ensemble, une place centrale à nos deux priorités : nos adhérents et nos salariés.

2020-07-06T14:02:45+00:0006 juillet 2020|