Quelques questions à Jocelyne Le Roux

La présidente de Solimut Centre Océan répond à quelques questions pour nous donner son avis, ses attendus, ses espoirs pour l’année 2020.  Comprendre ce que c’est d’être mutualiste aujourd’hui, voir l’impact de l’engagement au sein du Groupe Solimut, se poser les bonnes questions pour atteindre ensemble nos objectifs, c’est aussi construire collectivement une mutuelle qui permette à tous ses membres, élus, adhérents et salariés, de construire l’avenir au lieu d’organiser sa survie.

C’est quoi être mutualiste en 2020 ?

De manière générale, c’est faire bouger les choses. C’est un secteur qui peut apporter tellement. C’est un monde où l’évolution professionnelle est possible et l’apprentissage permanent. Il n’est pas parfait loin de là, mais il a tellement à offrir à ses membres et à la société en générale.
C’est là toute la difficulté. Nous sommes face à un monde dont nous ne voulons pas. Alors que les solidarités sont plus que jamais indispensables. Comment ne pas réagir face aux difficultés, au renoncement aux soins, à la paupérisation de la population ? Comment ne pas se poser des questions, face à la dépendance et à son poids économique pour les familles ? Comment peut-on rester coincés dans nos débats et nos méthodes alors que nous avons des solutions mutualistes à proposer.

En tant que Présidente, c’est apprécier la force, la mobilisation et le travail des salariés et des élus. Je suis fière de voir l’engagement de Solimut Centre Océan. Parce que les résultats sont là, parce que le taux de satisfaction de nos adhérents est majeur, le nombre de réclamations, déjà bas est en baisse. Mais au-delà du quotidien, chaque fois que le CA et moi nous avons proposés des initiatives, des projets, des idées, les équipes et les salariés ont toujours répondu présents.

Nous l’avons vu notamment au travers des engagements RSE, des comités verts, des actions proposées et même de la participation au sein des instances du Groupe Solimut. Cela nous permet aujourd’hui, sous certaines conditions, d’imaginer aller plus loin et nous dépasser.

Comment se traduit concrètement l’engagement au sein du Groupe Solimut ?

Quand 11 acteurs décident de travailler ensemble, d’aller au-delà du réglementaire, d’œuvrer en mode projet puis de construire une organisation concrète les individus sont poussés à réfléchir différemment. Ils en viennent forcément et à se poser d’autres questions et à chercher des réponses. C’est un espace d’échanges, de débats et de perspectives. C’est aussi un moyen de construire un mutualisme qui nous permettrait d’aller plus loin pour défendre et faire vivre nos valeurs communes. Être un groupement des Mutuelles de France cela a une signification, et pour porter notre projet politique, nous n’avons plus le temps d’attendre.

Le temps se précipite. Il nous pousse à changer nos méthodes et à redéfinir nos objectifs collectifs et individuels. En tant que responsables mutualistes il nous forcent à nous interroger, à mieux identifier les possibilités et c’est vrai que certaines questions se posent.

Quelles questions ?

La question des rapprochements, de la mutualisation des moyens et même la question d’une fusion avec Mutami. Elle est sur la table, elle sera soumise au CA et nous devons y penser ensemble. C’est un projet intense qui va nous mobiliser collectivement dans les semaines qui viennent.

Les fusions précédentes, les nôtres et celles de nos partenaires, étaient aussi les conséquences des changements de réglementation et parfois, il faut le dire, d’intérêts partisans. Pendant trop longtemps nous avons géré le quotidien et nous l’avons bien géré. Ici, pour une fois nous avons l’occasion de nous arrêter, de réfléchir à ce que nous voulons construire, et de préparer l’avenir collectivement. Notre ambition est de construire un nouveau projet pour renforcer notre présence et notre influence sur nos territoires y compris en tant que mouvement social.

Je sais que le passé pèse encore. C’est normal, il doit le faire. Notre histoire est aussi celle de nos précédents rapprochements, et elle n’est pas exempte d’erreurs et de difficultés. Mais si le travail sur le plan stratégique, l’évolution du contexte, la concurrence nous ont appris une seule chose. C’est que nous ne pouvons pas, nous ne devons pas, refuser cette idée par principe. Les synergies existent déjà, les points de complémentarité aussi. Nous avons déjà cette expérience de travail en commun au sein du Groupe. C’est naturel, quand vous travaillez, à rythme soutenu, avec des gens qui rencontrent les mêmes problématiques, des difficultés identiques, des réussites surprenantes vous avez envie d’échanger et de voir ce qui peut vous inspirer, mais aussi de valoriser vos propres succès.

Aujourd’hui, nous avons besoin de renforcer nos moyens humains et techniques. Ne fusse qu’au niveau commercial. Parce que la concurrence ne nous attend pas, et que notre réussite, notre stabilité économique sont des prérequis pour atteindre notre objectif.

Quel objectif ?

Être utile. Nous sommes dans une situation ou la loi, les cadres réglementaires, pour ne pas parler de carcans, limitent nos moyens d’actions sur nos offres. Nous devons innover, proposer autre chose. C’est un fait, et la fusion pourrait être une solution. Le moyen de reprendre notre respiration. D’arrêter de gérer et d’organiser notre survie pour construire l’avenir. C’est une question d’équilibre, et ce sera la résultante d’un travail commun en interne et avec les équipes de Mutami.  La mutuelle appartient à ses élus, ses adhérents et ses salariés. Ils ont leur mot à dire, mais nous avons besoin de nous différencier maintenant et c’est une question que nous avons le devoir de nous poser.

Or dans l’état de nos forces et de nos moyens, nous ne pouvons pas, en tant que dirigeants mutualistes demander plus aux équipes sans les soulager par ailleurs. Quelque part nous avons tous besoin d’oxygène. Élus comme salariés, nous avons besoin de temps et d’énergie pour construire des projets d’avenir, sortir du quotidien, être en mesure de faire rêver. Nous devons trouver le moyen de gagner du temps. C’est un luxe qui nous manque à tous, et qui est indispensable pour aller plus loin.

Allez plus loin pour faire quoi ?

Permettre à nos équipes, à nos adhérents de devenir acteur, de prendre une part dans les choix et les décisions qui sont prises, dans le fonctionnement de la mutuelle, dans son ancrage territorial.

Être un groupement des Mutuelles de France, c’est avoir choisi de faire plus que de rembourser des soins ou des prestations. Aujourd’hui les gens ont besoin de solidarité, envie de s’engager, de peser à toutes les niveaux de leur vie, en tant qu’usagers, consommateurs, comme salariés d’une structure. Or nous avons beaucoup à leur offrir. Nous devons nous faire comprendre, nous devons recréer des maillages de proximité à travers un réseau d’élu sur les territoires et le faire vivre. Nous devons permettre à chacun de prendre sa place et sa part dans nos décisions.

L’action sociale, la prévention ne suffiront pas. Nos concurrents les pratiquent aussi. Notre différence, c’est aussi notre position politique. Nous sommes réunis pour faire évoluer la société. Les mutuelles ont eu pendant longtemps ce rôle d’éducation populaire. Le temps nous a manqué, mais nous devons le retrouver.

2020-07-16T13:10:45+00:0011 mars 2020|